La bougie est-elle cancérigène ?

Faisons un peu d’histoire..

La bougie a été inventée au milieu du 19ème siècle, à la différence de son ancêtre la chandelle, qui remonte au moins vers 3000 ans avant J.C. Sa fonction principale est d’éclairer. 

Durant des siècles, le jonc a été utilisé pour faire des chandelles. Fendu avec précaution pour ne pas en abîmer la moelle, il était trempé dans de la graisse végétale ou animale qu’on laissait ensuite durcir. On le faisait brûler dans des brûle-joncs.

En Occident, à partir du Moyen Âge la chandelle rivalise avec la lampe à huile. Cette dernière a l’inconvénient de réclamer une attention constante : il faut la remplir régulièrement, couper et remonter la mèche qui charbonne, nettoyer l’huile qui coule. La chandelle, seulement constituée d’une mèche entourée de suif de bœuf ou de mouton, est plus pratique sans être excessivement chère (mais elle est taxée et l’huile reste plus économique). Plus de liquide qui se renverse, de flamme à ajuster, de réservoir à remplir. Mais le suif coule et graisse les doigts, la flamme demeure jaune et fumeuse, il faut toujours entretenir la mèche qui finit par charbonner.

La noblesse et le clergé s’éclairaient avec des cierges en cire d’abeille et laissaient au peuple l’éclairage au suif. Le cierge de cire conserve les avantages de la chandelle et en élimine les défauts. Mais son prix en limite la diffusion aux plus hautes sphères de la société.

L’apprentissage pour la fabrication des chandelles était de six ans. Tout individu arrivant à Paris, qui voulait entrer dans le métier, devait prouver qu’il avait fait ces six années. Les maitres chandeliers formaient corporation en diverses villes : celle de Londres en Angleterre était importante. Celle de Paris faisait remonter à Philippe 1er ses premiers statuts. Enregistrés par Etienne Boileau, ils furent refondus en 1392 et en 1464. En 1428, les chandeliers de cire eurent des statuts spéciaux. Au XVII° siècle, ils se réunirent en une seule corporation avec les huiliers-moutardiers. 12 chandeliers suivaient alors la Cour du Roi.

La fabrication et la vente des chandelles était l’objet d’une surveillance scrupuleuse de la part des quatre Jurés du métier. Les cierges de cire étaient beaucoup plus réputés que les chandelles de suif : elles éclairaient mieux, brûlaient plus lentement et ne sentaient pas mauvais.

En 1372 le Prévôt Hugues Aubriot étendit les tâches des Jurés à l’inspection des suifs « dont l’en fait ou pourrait faire chandelles », en les motivant par un intéressement aux amendes.
La principale duperie en matière de chandelles de suif consistait à mélanger de la graisse de bœuf avec des graisses de diverses origines. Les statuts des chandeliers de suif interdisaient clairement ces pratiques.

L’amende de cinq sous et la perte des objets falsifiés était rigoureusement appliquée : « Fause oeuvre de chandoile de suif, » dit l’article 14,  » est trop domacheuse chose au pauvre et au riche, et trop vilaine. »

Quand un bourgeois voulait faire faire des chandelles chez lui, le maître devait venir en personne, pour procéder à cette besogne; s’il envoyait un de ses ouvriers, il était passible de l’amende. Chaque maître pouvait avoir deux colporteurs pour vendre ses marchandises dans la rue.

Le mot bougie ‘est apparu  plus tard dans la langue française, tiré de « Bugaya » (Bougie), une ville d’Algérie en Kabylie maritime qui fournissait une grande quantité de cire pour la fabrication des chandelles. La bougie comme telle fut développée au milieu du 19ème siècle et se distingue de la chandelle à cause de sa matière première et par l’utilisation de mèches de coton tressé. Le tressage permet à la mèche de se courber et de se consumer : inutile alors de la moucher. La misérable chandelle disparaît alors, et la cire perd de son intérêt.

En 1783, le chimiste suédois Carl Scheele (1742-1786) avait, dans le cadre de ses recherches sur le savon, fait bouillir de l’huile d’olive avec de l’oxyde de plomb et obtenu une substance au goût sucré qu’il avait appelée Ölsüss et que l’on connaît maintenant sous le nom de glycérine.
En 1823, le chimiste français Michel-Eugène Chevreul (1786-1889), poussé par cette découverte, découvrit que ce ne sont pas les corps gras qui se combinent avec l’alcali pour former le savon, mais qu’ils sont d’abord décomposés en acides gras et en glycérine (ou glycérol). Chevreul est ainsi à l’origine de la théorie de la saponification. Ces deux éléments seront à la base d’une industrialisation massive de la bougie et du savon. Désormais, savonniers et ciriers appartiennent à la même corporation, dont Nantes devient la capitale. Aujourd’hui encore, 80 % de la production française de bougies provient de la région nantaise.

L’apparition de la paraffine solide (distillation du pétrole) et de la stéarine (extrait de graisse animale et végétale) permet désormais la production de bougies de meilleure qualité.

Il est très légitime de se demander si la suie noire que produit certaines bougies est toxique pour l’homme.

Selon une étude révélée par l’Américain Chemistry Society, l’utilisation régulière de bougies à base de paraffine, est à long terme nocive.

Si comme beaucoup, vous aimez les bougies et vous vous les procurer à très bas prix dans certaines boutiques (pensant faire une très bonne affaire) attention !

Actuellement, il vaut mieux privilégier les cires minérales répondant aux normes européennes et américaines qui n’engendrent pas d’émanation. Les cires végétales brûlent proprement, bien qu’elles se consument plus vite et ne rendent pas aussi bien les senteurs.

Voici les cires végétales répandues dans le commerce et qui sont non nocives : (soja, carnauba, jojoba, huile de coprah).

Évitez la cire de palme qui entraîne des déforestations massives.

« Les cires font partie de la pharmacopée européenne – elles reçoivent un agrément Codex – et sont testées pour ne provoquer aucune émanation de fumée toxique, assure Norbert Hiblot. Toutefois, des risques peuvent exister avec des produits non contrôlés, comme certaines paraffines de Chine susceptibles de relarguer du benzène, cancérigène. »

« Kazei vous conseille l’utilisation de bougies minérales ou végétales, dont les coûts sont de plus en plus abordables, ou de fabriquer, vous-même vos bougies. (Nouveauté, découvrez prochainement nos cires, nos mèches et les nombreux strass et autres paillettes pour créer des bougies personnalisées sur kazei.fr) »

Il est déconseillé d’utiliser les bougies « chauffe-plats » vendues par sac de cinquante : « Leur cire, de mauvaise qualité, peut être toxique. Idem pour les bougies vendues dans des petits pots en plastique, les bougies d’église, par exemple : leur cire est bon marché et le plastique risque de fondre. » Elle recommande aussi de ne pas laisser brûler une bougie parfumée en permanence. Non parce que ses émanations seraient toxiques (aucun risque, rappelons-le, avec les bonnes bougies), mais plutôt parce que, pour mieux l’apprécier, il est important de ménager des aires de repos à son odorat.

Et surtout, n’oubliez pas d’aérer vos espaces !

Profitez en toutes sécurité de belles bougies…

Sources : http://www.asthmatique.fr ; http://www.saisons-vives.com ; http://www.psychologies.com.

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